Kiosques en stock

Publié le par Julien MARTIN pour Journal E

Les kiosques fleurissent de nouveau sur les trottoirs parisiens, après dix années de fermetures successives.

 

392 kiosques en activité en 1997, 277 le 30 septembre 2005. La situation dans la capitale était critique lorsque l’Administration d’affichage et de publicité (AAP) a reçu de la Ville de Paris une délégation de service public pour gérer ces points de distribution de journaux.

Moins de quatre mois plus tard, la partie semble d’ores et déjà bien engagée. L’AAP a annoncé vendredi la réouverture de dix-sept kiosques à Paris et en a prévu huit nouvelles dans les semaines à venir, dont cinq sur le trajet du tramway, boulevard des Maréchaux. Le lendemain, dans un communiqué, la Ville de Paris complétait cette annonce en prévoyant également l’ouverture de nouveaux kiosques d’ici le mois de mai « dans des lieux parisiens inédits ».

De nouveaux kiosques qui font en fait partie des 71 qui resteront encore fermés, après les réouvertures prévues. « Il existe certains quartiers où les kiosques sont susceptibles d’être enlevés pour être remis en service ailleurs, précise Bernard Lefèvre, responsable à l’AAP de la gestion des kiosques. Le choix du lieu d’implantation dépend tant de la disponibilité de la presse pour les Parisiens que de la viabilité du kiosque. »

 

Une profession morose

 

Ces objectifs sont pour l’heure loin d’être atteints. S’il est très compliqué de trouver un quotidien après 20 heures, il est surtout extrêmement ardu pour les kiosquiers de vivre décemment de leur métier. Charges déduites, ils ne touchent que 10 % du prix d’une publication. Et les gratuits, les sites Internet d’information, les présentoirs surchargés n’améliorent pas leur condition. Sans compter qu’une journée de travail dure généralement douze ou treize heures non-stop. « Il est difficile de conserver les kiosquiers car le salaire-horaire ne monte pas très haut », déplore Bernard Lefèvre.

Autre point noir : l’érosion du lectorat de la Presse quotidienne nationale (PQN) depuis une dizaine d’années, alors même que celle-ci représente plus de la moitié de leur vente. Selon les chiffres de l’Office de justification de la diffusion (OJD), la diffusion payée en France de la PQN a chuté de près de 10 % en cinq ans.

Pour l’inverser et améliorer les revenus des kiosquiers, l’AAP, détenue à 49 % par Hachette et à 51 % par les Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP), devra réaliser l’objectif qu’elle s’est fixé, à savoir la réouverture ou la création de 100 kiosques à Paris durant les cinq années de la délégation.

 

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