Ribéry, itinéraire d’un joueur pas toujours gâté

Publié le par Julien MARTIN pour Journal E

Franck Ribéry va connaître sa première titularisation avec l’équipe de France, ce soir, contre la Suisse. Il y a cinq ans, il gagnait 150 euros par mois. S’il remporte la Coupe du monde, il touchera une prime de 240 000 euros. A 23 ans, la galère semble enfin derrière lui.

 

L’âge de la majorité marque son arrivée à la case chômage. Et son retour à la case Boulogne-sur-Mer, chez les Aiglons, le club de sa ville natale. Franck Ribéry vient de se faire exclure du centre de formation de Lille. Motif : il ne s’intéresse à rien d’autre qu’au ballon rond et à ses potes, pas du tout à l’école.

Les Aiglons lui redonnent des ailes. Il file à Alès, qui évolue en National. Elan brisé. Le club a des tiroirs entiers de dettes, sans compter les bagarres et les matches de suspension. Pas payé, il retourne une nouvelle fois à Boulogne. Pour reprendre son envol.

Bagarre. Après une saison à Brest, également en National, il tape dans l’œil de Jean Fernandez, l’entraîneur du FC Metz, pensionnaire de Ligue 1. 6 500 euros par mois, pas de quoi avoir le train de vie d’un pacha, mais assez pour lui permettre de vivre plus que correctement. S’il brille sur le terrain, il se rêve toutefois en parrain dans la coulisse. Une bagarre en boîte de nuit et des bisbilles sur sa revalorisation salariale scellent son aventure avec le club lorrain.

Il saute dans un jet privé, direction la Turquie et l’équipe de Galatasaray. Il y gagne plus, en termes de salaire et de notoriété. Sa hargne plaît aux supporters qui le surnomment « Scarface », en référence à la cicatrice qui orne son visage. Mais les ressemblances ne s’arrêtent pas là : l’argent, toujours, précipite sa perte.

Perle. L’Olympique de Marseille lui offre une énième occasion de rebondir, à l’été 2005. Un club instable qui lui sied à ravir. Il enchaîne les performances de très haut niveau et s’ouvre grand les portes de l’équipe de France. L’OM tient à sa perle et lui fait signer un nouveau contrat jusqu’en 2010, avec évidemment une augmentation de ses émoluments à la clé : 100 000 euros mensuels.

Mais il les vaut bien. Il vaut peut-être même encore plus. C’est l’avis de Jean-Michel Aulas, le président de l’Olympique lyonnais, qui s’échine à l’attirer dans son club. Le joueur ne s’est pas encore décidé. A Lyon, Franck Ribéry gagnerait 2 000 fois plus d’argent qu’à 18 ans.

 
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Publié dans Sport

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