PS : petits jeux entre camarades

Publié le par Julien MARTIN pour Journal E

Comment s’enliser dans la division alors que l’opposition est elle-même plus éclatée que jamais ? Demandez le guide au Parti socialiste. Loin de s’appuyer sur l’exemple de l’unité à l’italienne, la gauche française paraît comme paralysée aux portes du pouvoir. Car c’est bien sur le perron de l’Elysée qu’elle pourrait déjà se voir, tant la droite est déchirée entre villepinistes et sarkozystes – même les journaux télévisés précisent cette étiquette à côté de la mention « député UMP ».

Le bât blesse dans l’absence d’ordre au sein du PS, parti habituellement moteur. Si la situation n’est pas rapidement éclaircie entre les présidentiables, la rue de Solférino pourrait se muer en un cimetière des éléphants à l’été 2007. En attendant, l’incendie couve et le pompier-pyromane Hollande ne semble pas décidé à l’éteindre : pas de désignation du candidat socialiste avant novembre, répète-t-il à l’envi.

Libre champ donc aux bassesses et autres perfidies entre « camarades ». Principaux belligérants : Ségolène Royal et Lionel Jospin. Le second temporise, la première... également. Elle attend de voir éclore ses idées, sereine de savoir sa côte de popularité atteindre des sommets sans qu’elle n’ait à s’employer autrement que médiatiquement. L’ancien Premier ministre, lui, tente d’exister en dédicaçant son dernier opus plus vite que son ombre, guettant l’heure de son arlésienne de retour.

Un duel étouffant les autres présidentiables socialistes, qui ne savent plus comment se positionner. Alors que Jospin les aurait tous mis d’accord, le refus de se désister de Ségolène, les pousse à adopter la même posture. Un jour, Lang et Fabius se rapprocheraient. Le lendemain, DSK se lancerait enfin. Résultat, pour l’heure : ni candidat ni programme. Pendant que Jospin demeure dans l’ombre, Sarkozy campe sous les feux des projecteurs. L’un à Bruges, l’autre abroge.

 

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Publié dans Edito

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