La lutte finale dArlette
Un dernier premier tour et puis s’en va. La porte-parole historique de Lutte ouvrière (LO) a confirmé dimanche qu’elle serait candidate en 2007. 30 000 militants ont suivi son discours lors du week-end annuel du mouvement trotskiste au parc du château de Presles (Val d’Oise). Si elle rassemble les 500 parrainages d’élus exigés pour se présenter, elle participera à sa sixième élection présidentielle consécutive depuis 1974. Une décision attendue après sa désignation à l'unanimité en décembre par les congressistes de LO.
Et le besoin de renouvellement de la classe politique ? Arlette Laguiller se pose en cacique : « Mes idées n'ont pas pris une ride et j'ai l'expérience. » Mais, promis, il s’agit de la dernière fois. La secrétaire à la retraite du Crédit lyonnais a même évoqué d’éventuels successeurs, une dizaine de femmes âgées de trente à quarante ans, actuellement porte-parole régionales.
Pour l’heure, pas question de changer d’un iota ses propositions : interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits et transparence complète des comptes en banque des sociétés. Un programme immuable malgré les accusations répétées, mais jamais démontrées, de sectarisme qui planent au-dessus de LO et de son principal dirigeant, Robert Barcia, désigné sous le pseudonyme de Hardy.
Quid d’un nouveau 21 Avril ?
Arlette Laguiller a également profité de l’occasion pour réaffirmer son opposition à toute candidature unitaire de l’extrême gauche. Cela ne donnerait que de « la bouillie pour chat servie sur un plateau au PS pour le second tour », a dénoncé la candidate trotskiste. Elle n’exclut cependant pas une nouvelle alliance avec la Ligue communiste révolutionnaire d’Olivier Besancenot, comme aux élections régionales de 2004. Sans manquer de préciser : « S’il veut me parler, il a mon portable. »
Concernant un éventuel rapprochement avec José Bové, elle a affirmé que «si Bové défendait la classe ouvrière, cela se saurait ». Quant aux communistes, ils sont mis dans le même sac que les socialistes, celui des complices du « grand capital ». Nouvelle cible de la porte-parole de LO, Ségolène Royal s’est même vue accuser « de copier Sarkozy avec une nuance de dame patronnesse ».
La voilà seule en piste pour l'élection présidentielle qui ne sert à rien d'autre, selon elle, qu'à « populariser » ses idées. D’ailleurs, elle le dit tout de go : « Ni lui (José Bové) ni moi ne serons président de la République. » Nulle crainte d’éparpillement des voix, voire d'un nouveau 21 Avril, ne semble poindre dans son esprit. En 2002 déjà, LO n'avait pas appelé à voter Chirac pour faire barrage à Le Pen.