Royale sarkozysation
Un coup à droite, un coup à gauche. Ségolène royale ratisse tous azimuts pour entraîner toujours plus d’électeurs dans son sillage. C’est maintenant à l’insécurité, thème de prédilection de Nicolas Sarkozy, qu’elle a décidé de s’atteler. Ségolène se veut même plus royaliste que le roi, en proposant des mesures très fermes, tel l’encadrement militaire des jeunes délinquants. Elle fait ainsi un pas de plus vers l’électorat de droite, après avoir défendu en février le libéralisme de Tony Blair.
Mais elle sait qu’elle a tout autant besoin de séduire l’aile gauche du PS. D’où sa récente visite dans la région ouvrière du Nord-Pas-de-Calais, pour recevoir l’adoubement de Pierre Mauroy, l’ancien Premier ministre de Mitterrand.
Une absence de ligne directrice qui agace ses concurrents socialistes. Ils n’ont donc pas manqué de stigmatiser ses déclarations à Bondy pour descendre celle qui ne cesse de grimper dans les sondages. « On a déjà un Sarkozy dans le pays, ce n’est pas la peine d’en avoir deux », peste Dominique Strauss-Kahn. Son compagnon et premier secrétaire du PS, François Hollande, est à peine plus tendre : « Elle fait ses propositions, je ne les partage pas toutes. »
Des propositions élaborées sur son blog, alors que les leaders socialistes s’écharpent à rédiger le programme officiel du parti pour 2007. Les cadres du PS entendent désormais dénoncer ce cavalier seul pour tenter d’y mettre un terme. Car si Ségolène Royal a les préférences de l’opinion publique pour l’investiture à la présidentielle, ce sont les adhérents socialistes qui se prononceront en novembre. Les éléphants, eux, ne s’y trompent pas.