Chirac : et un et deux et trois mandats ?
Puisque la tendance est au retour en grâce desdits grabataires, Jacques Chirac a tenu à en profiter. A l’instar de l’équipe de France, le seul objectif qu’il s’est fixé est de demeurer dans l’action jusqu’au jour final de l’épreuve. Voire plus. Pour sa douzième allocution du 14 Juillet, il est resté fidèle à sa posture. Celle de l’éternel candidat. Celle dans laquelle il a toujours été le plus à l’aise. Personne ne croit sérieusement qu'il pourrait briguer un troisième mandat, pas même lui. Mais le seul fait d'entretenir un faux suspense lui permet encore d’exister.
Le président de la République a alors dégainé son arme favorite : la ribambelle de propositions. Réduction des délais de demande du droit d’asile, modernisation du dialogue social, encadrement du système des stock-options... « Comment croire une seconde que M. Chirac peut réaliser en 11 mois ce qu'il n'a pas réalisé en 11 ans ? », a réagi le socialiste Jack Lang. L’UMP s’est en revanche réjouie de l’intervention du chef de l’Etat, qui a estimé que ses « relations avec Nicolas Sarkozy sont très bonnes ». Il est loin le temps, deux ans précisément, où Jacques Chirac disait décider seul quand le ministre de l’Intérieur devait se contenter d’exécuter. Le président de la République tente de donner le change sur tous les sujets. Seule son analyse de la situation internationale reste pertinente.
Attention cependant à ne pas lui demander de comptes sur ses promesses antérieures, risque de mauvaise foi ! La baisse d’un tiers de l’impôt sur le revenu ? « J'avais dit : on fera 30%, on en a fait 17. Mais l'objectif a été atteint sur les catégories moyennes », assure-t-il. Le chef de l’Etat a martelé que l’heure n’était pas au bilan, à l’interrogation sur le « sexe des anges ». Les gêneurs sont priés de ne pas insister, sous peine d’atteinte à leur intégrité physique. Jacques Chirac a déjà eu envie de distribuer des coups de boule à la Zidane. Pour l’heure, il « essaie de [se] retenir ».