Les coups de tête de Zidane
12 juillet 1998, deux têtes de Zinedine envoient la France dans la légende. 9 juillet 2006, un coup de boule de Zidane renvoie le désormais retraité au vestiaire. Materazzi l’insulte, le capitaine des Bleus voit rouge. L’équipe de France en avait déjà vu de toutes les couleurs, mais ne pensait pas broyer du noir en finale.
En finale, là où personne n'imaginait les Tricolores, il y a un mois. Un homme, un seul, était obligé d’y croire : Raymond Domenech. Le sélectionneur avait depuis longtemps donné rendez-vous aux Français ce soir. Ils croyaient lui poser un lapin, ils furent pris d’une ferveur telle que les records historiques d’audiences ont été battus.
Battus, comme les Bleus aujourd’hui. La génération 98 n'aura réitéré son exploit en 2006. Les millions de maillots de l’équipe de France vendus ces derniers jours ne seront pas encore obsolètes. Non, une deuxième étoile ne trônera pas, pour l’heure, au-dessus du coq.
Cocorico, les Français pourront tout de même le crier, demain, au retour des anciens bannis. Ils ne défileront certes pas sur les Champs-Elysées. Mais leur parcours ne peut souffrir d’aucune critique. Les vieux ne se sont pas faits de cheveux blancs lorsque l’élimination se profilait. Tour à tour, les trentenaires ont été élus homme du match.
Homme de la décennie, Zidane aurait peut-être pu le devenir, si une fois de plus ses nerfs ne lui avaient pas fait défaut. Comment le comprendre ? Comment lui en vouloir ? Seul le constat de la défaite s’impose maintenant. Et l'absence de Zinedine à la remise des médailles. Il est sorti par la petite porte, sur un coup de tête.