Pour les étudiants, pas de clivage entre universités
Etudiant rennais ou étudiant de Rennes 1 ? Maëlle, en faculté de biologie, n'en a cure : « Je me sens étudiante avant tout ». A l'image d'une très large majorité d'étudiants, le clivage Rennes 1 - Rennes 2 lui importe peu.
Même son de cloche chez les syndicats estudiantins. Le sujet n'entre pas dans les revendications de Sud, seule l'Unef porte quelque intérêt à la question (l'Uni est injoignable). « Tous les étudiants rencontrent des problèmes sociaux identiques, relève Annaïg Piederrière, secrétaire générale de l'Unef Rennes. C'est pour cela que l'Unef dispose d'une structure unique, rassemblant Rennes 1 et Rennes 2. » La séparation des deux universités rennaises n'aurait qu'un intérêt institutionnel, loin des préoccupations premières des étudiants.
La distinction, si distinction il doit y avoir, jouerait davantage entre les campus. Mais elle ne s'expliquerait alors que par des critères géographiques. On se considère étudiant de Villejean, précisément parce qu'on s'y rend chaque jour. Peu importe que l'on soit en dentaire (Rennes 1) ou en lettres (Rennes 2).
Le campus centre reste particulier. Les facultés d'économie et de droit étant isolées l'une de l'autre, mais aussi du reste de l'Université de Rennes 1, le sentiment d'identification à la matière étudiée est plus fort. Il s'agit de la seule exception notable au principe qui veut que les étudiants se mélangent volontiers.
Même l'attachement à Rennes n'est pas remarquable. En témoigne Sophie, étudiante en philosophie, qui n'est « pas venue à Rennes pour l'excellence de ses universités », mais parce que ses parents habitaient non loin de la ville centre.