Meetic : les internautes convolent, l’action s’envole

Publié le par Julien MARTIN pour Journal E

Les célibataires ne sont plus les seuls à être séduits par Meetic. La Bourse aussi. Le site de rencontres sur Internet a brillamment réussi son arrivée sur les marchés financiers. Bien que le prix d’introduction ait été fixé dans la haut de la fourchette à 22, 30 euros, le titre a connu une hausse de 9,87 % dès le premier jour. Une hausse confirmée dès hier midi avec 2 % de progression enregistrés dans la matinée. Le nombre total de demandes de souscription par les particuliers et les investisseurs institutionnels a été plus de 12 fois supérieur au nombre total d'actions offertes. Au final, cette opération devrait permettre à son PDG et fondateur Marc Simoncini de lever près de 100 millions d’euros en n’abandonnant qu’un quart du capital de son entreprise.

 

Fondé en 2001, Meetic est devenu le leader européen de sa catégorie et compte aujourd’hui 14 millions de profils d’utilisateurs enregistrés dans treize pays. Et son avenir s’annonce plus doré encore : le bénéfice net pour le premier semestre 2005 s’élève à 2,3 millions d’euros, alors qu'il était de 2,7 millions d’euros sur l'ensemble de l'année 2004. La Bourse accueille désormais favorablement les sociétés électroniques qui ont résisté à l’éclatement de la bulle Internet. D’autant qu’il y a « une accélération du nombre d'internautes et de l'accès à haut débit en France qui est un des plus élevés en Europe », estime Stéphane Lefèvre-Sauli, responsable de l'analyse financière des valeurs technologiques chez Global Equities.

 


 

Are you Meetic ? « J’ai un ami qui… »

 

Frédéric, 38 ans, et Frank, 33 ans, concubins : « On a des amis qui utilisent Meetic pour rencontrer des gens. Et ça a l’air de plutôt bien marcher. C’est utile pour ceux qui n’ont pas la possibilité de sortir, comme ceux qui travaillent beaucoup ou qui sont timides. Le succès de l’introduction du titre en bourse ne nous surprend pas. Il y a eu la presse à une époque, c’est aujourd’hui l’heure d’Internet. Par contre, je trouve dommage que ce soit gratuit pour les femmes et payant pour les hommes. Il faut que la parité aille dans les deux sens ! »

 

Zhora, 33 ans, chargée de production : « Je m’étais inscrite par curiosité sur Meetic, pour voir ce que les gens y trouvaient comme plaisir. J’ai rencontré une seule personne, mais dès le premier café elle ne m’a pas plue. Tous ces sites, c’est LE business, l’affaire en or. Il existe un problème hommes-femmes depuis une ou deux générations. Les hommes ont perdu de l’assurance suite à l’émancipation des femmes. On ne peut pas aller contre l’évolution de la technologie, mais je préfère les lieux de rencontre réels. »

 

Medhi, 30 ans, éducateur sportif : « Un de mes amis s’est marié grâce au chat. Après son divorce, il était déprimé et il a retrouvé la pêche grâce à Internet. Il recherchait un profil spécifique, la recherche a été plus longue mais ça a payé. Je pense que commencer à parler sur le Net est pas mal car on voit tout de suite ce que l’autre veut, même s’il peut cacher sa vraie personnalité. Moi, je n’ai pas essayé, mais c’est d’abord parce que je n’ai pas de matériel informatique. »

 

Marie, la cinquantaine, commerçante : « Je trouve que les rencontres réelles sont beaucoup plus intéressantes que celles virtuelles, même si je sais que dans les dix prochaines années il y aura de plus en plus de rencontres par Internet. Une sorte de peur de l’autre se développe, ce qui pousse à mettre une barrière informatique. Je vois beaucoup de gens dans le métro à qui je n’oserai même pas parler, mais je trouve triste de se rencontrer sur Internet.

 

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Publié dans Economie

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