CFJ : buitreraptor du journalisme rencontre jeunes coqs
Disciplinés, les étudiants du Centre de formation des journalistes (CFJ) l’étaient hier en écoutant Claude Perdriel, PDG du Groupe Nouvel Observateur, leur donner la « leçon inaugurale ». Même si ce dernier s’en est d’emblée défendu : « Je ne me suis jamais senti le droit de lancer des leçons, mais pour vu exercer ce métier de journaliste pendant quarante-quatre ans, j’ai quelques idées et beaucoup de questions».
Reste que l’auditoire est resté très silencieux, peut-être impressionné par le CV de l’invité ou la solennité du lieu, l’hôtel de ville de Paris. Cette passivité a en tout cas permis au « maître » de distiller des analyses souvent pertinentes, mais aussi parfois plus discutables, sans que personne ne s’en offusque publiquement.
Internet en question
Côté pile, une définition et un rappel du rôle du journaliste : « C’est un historien du temps présent qui doit être un pouvoir et non un contre-pouvoir, sinon il sort de son métier ». Ou encore la dénonciation d’emballements médiatiques, en prenant appui sur « l’intoxication de la presse américaine » durant la guerre en Irak.
Côté face, plusieurs de ses idées étaient moins évidentes. Particulièrement celle de ne pas miser sur Internet qu’il taxe de « plus grand danger pour l’éthique et la défense de ce à quoi nous croyons ». Léger bruissement dans les rangs. La réponse semble ne pas convenir à tout le monde, à l’heure où plusieurs grands quotidiens (New York Times, Libération…) ont choisi cette voie pour s’en sortir. Disciplinés, les étudiants du CFJ le seront peut-être moins demain.