Le WashBar lave et rince à la fois
Une Licence IV sur la devanture d’une laverie, ce n’est pas banal. C’est pourtant la base d’un tout nouveau concept qui vient d’être lancé dans le XIe arrondissement de Paris. Le WashBar est, comme l’indique son nom, avant tout un bar, mais il fait aussi office de laverie. Alors que nos aïeux se râpaient les genoux sur les bords des lavoirs à frotter les tâches, on peut désormais siroter une bière avec des amis pendant qu’une machine à laver s’active juste à coté. C’est du propre, pensez-vous. Vous ne croyez pas si bien dire. Au WashBar, on peut laver son linge sale en public, sans que personne ne se froisse. Et c’est loin d’être désagréable.
Ça fleure bon la lessive dès que l’on entre. Et si l’odorat est choyé, la vue n’est pas en reste. Le style est cosy, mais moderne et épuré : murs blancs et mobilier rouge. Sans parler de la lumière tamisée qui participe beaucoup à l’intimité du lieu. Un frigo permet même de laisser sa consommation au frais pendant que l’on charge le tambour. Sans oublier les écrans plats et les bornes Internet. Il ne manquerait plus que la laverie soit gratuite pour que l’on se sente chez soi.
Bingo, c’est le cas. Enfin presque. Lavage, blanchiment, repassage, nettoyage à sec et séchage, tout est cadeau… à condition de consommer. Mais question prix, ce n’est pas la mer à boire : le café est à 2 euros, la bière à 2,90. Petit bémol toutefois, le système n’est prévu pour durer que jusqu’au 23 décembre, comme l’explique Nicolas, le barman. « Ca commence à bien prendre, mais ce n’est qu’un essai de concept. Si ça marche aussi bien qu’espéré, ça continuera, sinon ça redeviendra un bar normal. »
LG, Ariel et Cajoline
En attendant, les clients sont là. A l’instar de Nadia, artiste de 24 ans, qui utilise l’une des quatre machines en fonction – il y en a quatre autres mais seulement en déco. « J’habite beaucoup plus loin, mais je viens en vélo. J’ai harnaché ma couette sur le porte-bagages. Je suis très étonné qu’il n’y ait pas la queue. Les lieux et les gens sont sympas. En plus, on peut fumer. Par contre, le fait que ce soit gratuit me procure un petit sentiment de culpabilité. »
Sentiment qui s’évanouit cependant très vite quand on apprend le pourquoi du comment de cette gratuité. Il s’agit d’un nouveau coup de pub de LG, la marque d’électroménager qui monte. Après avoir proposé de rembourser tous les téléviseurs achetés à la veille de la Coupe du monde de football en 2002 si l’équipe de France l’emportait, la société coréenne refait parlait d’elle. Des machines à laver au frigo, en passant par les ordinateurs, tous les appareils sont estampillés LG. Seuls la lessive qui « lave plus blanc que blanc » (Ariel) et l’adoucissant vanté par un gros ours en peluche (Cajoline) lui échappent.
Un concept très marketing donc, mais qui ne semble pas chiffonner les people dont quelques unes se sont précipitées à la soirée de lancement. Le 8 novembre, on pouvait venir laver ses petites culottes à côté de celles de Mya Frye ou des caleçons de Christophe Dechavanne. De quoi faire de la pub à un concept qui a au moins le mérite de la nouveauté. On sait enfin quoi faire au lavomatic : boire. Du WashBar, on en ressort propre, mais pas forcément net.
Pratique. WashBar, 105-107 rue Oberkampf, Paris XIe, métro Parmentier ou St-Maur (ligne 3), ouvert de 12h à 2h.