PSG-OM : les minots dominent les minables
Le poing sur le cœur. Carrasso, jeune gardien de but de l’Olympique de Marseille pouvait exhiber sa fierté, hier, à l’issue du match au Parc des Princes. Match qui a vu une équipe olympienne composée de six professionnels, habituels remplaçants des remplaçants, et huit amateurs, dont plusieurs mineurs, tenir en échec l’équipe-type du Paris Saint-Germain. Les minots n’auraient pas été plus heureux de gagner un trophée.
Il n’en était pourtant rien. Rien de plus qu’une journée supplémentaire de Ligue 1 qui a encore vu tirs ratés et dégagements à la hâte se multiplier, sans que le moindre but ne soit inscrit. Mais la victoire est ailleurs, contre les hooligans, ces supporteurs minables, tant parisiens que marseillais, qui faute d’avoir pu s’affronter auront peut-être eu le temps de ce match vraiment nul pour commencer à réfléchir.
Quoi qu’il en soit, la résistance des minots a permis à Pape Diouf, le président de l’OM, d’apposer le sceau de la crédibilité à sa démarche. A savoir faire rester les titulaires de la formation marseillaise dans la cité phocéenne pour que ses supporteurs en fassent de même. Le motif ? La sécurité. Une raison qui se suffit à elle-même. Un supporteur de l’OM paralysé, il y a deux ans. Le car olympien assailli, l’année dernière. Fallait-il un nouveau drame du Heysel pour réagir ?
Il est heureux que le président marseillais ait été plus responsable que celui de la Ligue de football. Celui pour qui « la raison » à laquelle il appelait était de jouer dans les conditions normales. Celui aussi qui se serait certainement contenté de déplorer les débordements récurrents et de prendre quelque mesurettes en réaction. Frédéric Thiriez se situe dans la droite ligne du fonctionnement des institutions françaises : subir avant d’agir. Pape Diouf en a dévié. Tant mieux.
Et le score vierge évitera que ceux qui n’ont pas compris l’intérêt de sa démarche protestent. La rencontre a quand même eu lieu et le championnat n’a pas été faussé. Reste Canal +, par ailleurs propriétaire du PSG, qui menace d’agir en justice pour compenser une audience en berne. Mais si cela peut favoriser une réflexion de fond, dans la sérénité et suivie d’effets, alors ce match nul se transformera en victoire pour tout le monde du ballon rond. Carrasso pouvait bien avoir le poing sur le cœur.