Ne m'appelez plus jamais Ségolène

Publié le par Julien MARTIN pour Journal E

Ségolène par-ci, Ségolène par-là. En tête des sondages de popularité, la députée socialiste n'arrive pas à se faire un nom. Les féministes crient déjà, en cette veille de Journée internationale des femmes, au machisme. La désignation par le seul prénom serait péjoratif. Encore un dénigrement de la gente féminine, parait-il.

Bien entendu, pas de sexisme en revanche quand des responsables politiques masculins sont surnommés DSK ou Sarko ! Sans compter que le fait que la présidente de la région poitevine possède un prénom peu répandu doit aussi participer à son usage fréquent. Rien ne sert donc de jouer une nouvelle fois la carte de la victime. La technique, naguère source de sympathie, est aujourd'hui surannée. Et contre-productive dans la recherche de l'égalité hommes-femmes : difficile de réduire un clivage par la stigmatisation.

La lutte contre les discriminations est légitime, sauf à devenir paranoïaque. Quand Fabius (tiens, on dit rarement Laurent Fabius) demande « qui va garder les enfants », ne glose-t-il pas sur les deux composantes du couple Hollande-Royal plutôt que sur la seule députée des Deux-Sèvres ? Pourquoi le qualificatif « charmante » pour désigner une femme politique perd-il soudainement son caractère insultant lorsqu'il sort de la bouche d'une personne du même sexe ? Villepin, lui, a le droit d'être « beau », sans que cela n'appelle à contestation !

Une élection présidentielle se remporte certes grâce à la personnalité, et le nom en fait partie intégrante. Mais il serait évidemment souhaitable que les idées soient hissées au premier plan. Pour l'heure, Ségolène passe pour être socialement conservatrice et économiquement libérale. Des tendances antagoniques pour qui veut se revendiquer de l'étiquette PS. Et trop vagues pour qui veut se forger un destin royal.

 

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Publié dans Edito

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