Les Palestiniens entre aides et chaos

Publié le par Julien MARTIN pour Journal E

D’abord réticente à l’idée de financer une organisation qu’elle considère terroriste, la communauté internationale a finalement décidé de venir en aide aux Palestiniens, désormais dirigés par le Hamas, pour éviter qu’ils ne sombrent dans un total dénuement. Analyse d’une décision sous couvert d’une désunion.

 

280 millions d’euros. C’est le montant de l’aide annuelle versée au peuple palestinien par la Commission européenne qui est en suspens depuis la victoire du Hamas aux élections législatives du 25 janvier. Inscrit par l’UE sur la liste des organisations terroristes, le Hamas (acronyme de Mouvement de la résistance islamique) peine encore à ne plus effrayer malgré sa nouvelle légitimité démocratique.

Menacée de banqueroute, l’Autorité palestinienne a pourtant plus que jamais besoin d’argent frais. C’est pourquoi l’Union européenne a tout de même débloqué en urgence, le 28 février, 120 millions d’euros, pour remettre à flot les comptes du gouvernement palestinien. Non sans prendre cependant le soin de rappeler une énième fois les conditions de ce versement : « La reconnaissance d’Israël, l’abandon des violences et le respect des engagements internationaux », a répété dimanche le président français Jacques Chirac, en visite en Arabie saoudite.

 

La Russie se démarque

 

Mais pour ne pas être trahie, l’UE ne fera pas transiter cette somme par le pouvoir islamiste : 40 millions d’euros serviront à régler directement aux Israéliens l’électricité qu’ils fournissent aux municipalités de Cisjordanie et de la bande de Gaza, 64 millions seront gérés par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), et le reste paiera les salaires des fonctionnaires palestiniens. Acrobatie financière identique pour les Etats- Unis qui maintiennent leur aide, 100 millions de dollars en février et 70 millions pour mars, par l’intermédiaire d’organisations humanitaires présentes sur le terrain.

Le gouvernement israélien s’est en revanche refusé de mettre en œuvre ce difficile distinguo. Israël a stoppé le reversement des droits de douanes et taxes, environ cinquante millions de dollars par mois, qu’elle perçoit au nom de l’Autorité palestinienne. Le but étant d’asphyxier la population pour provoquer de nouvelles élections. La victime ne sera toutefois pas, dans un premier temps au moins, le Hamas mais le peuple palestinien lui-même. La moitié est déjà condamnée à vivre au-dessous du seuil de pauvreté fixé à 2 dollars par jour et par personne. Aggraver leur situation contribuerait à les plonger dans le chaos.

 

Israël menace

 

Le sort des Palestiniens est suspendu à la position de l’organisation islamiste. Nonobstant le choix d’un Premier ministre intègre et pragmatique, Ismaïl Haniyeh, le Hamas ne semble pas déterminé à changer. Fort notamment du soutien de la Russie, qui s’est démarquée en invitant ses représentants le week-end dernier, il a fait savoir que la reconnaissance d’Israël n’était « pas à l’ordre du jour ». En réaction, Shaul Mofaz, ministre israélien de la Défense, a menacé hier : « Si Haniyeh et ses gens continuent leur politique de terreur, ils se retrouveront derrière les barreaux ou rejoindront Cheikh Yassine », fondateur et chef spirituel du Hamas assassiné par Israël en 2004.

L’attitude disparate de la communauté internationale, incarnée par le Quartet UE, ONU, Etats-Unis et Russie, reflète toute la difficulté à gérer le conflit israélo-palestinien. Moscou prend le risque de prendre partie pour retrouver un statut de puissance incontournable sur la scène internationale. Européens et Américains ne pourront éternellement faire fi du gouvernement constitué par le Hamas.

 

Publicité

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L
Bonjour,<br /> Aujourd'hui, je vagabonde dans l'annuaire over-blog. Ma souris c'est arrêtée sur votre blog. <br /> Bonne continuation.<br /> <br /> à bientôt<br />
Répondre