Pourquoi on aime les pompiers ?
Chercheur au Lares (Laboratoire de recherche en sciences humaines et sociales) de l'Université de Rennes 2, Stéphane Chevrier vient d’accéder au rang de docteur en sociologie. A 39 ans, il a soutenu avec succès sa thèse de doctorat. Le thème ? « La belle image des sapeurs-pompiers français, pragmatique de l'émotion et du risque. »
Pourquoi ce thème de l'admiration que les Français portent à leurs sapeurs-pompiers ?
L'idée est assez ancienne. La première recherche date d'une dizaine d'années. Je m'y suis d'abord intéressé par hasard, avant que trois facteurs me décident. D'abord, l'accueil des sapeurs-pompiers est très agréable. Ensuite, il n'y a pas beaucoup d'études sur ce sujet. Enfin, il est intéressant de voir la différence de comportement d'un sapeur-pompier dans la vie ordinaire et lors d'un accident. La règle du jeu change, la crise est un révélateur.
Comment avez-vous procédé pour mener à bien cette étude ?
C'est une démarche qualitative. Des enquêtes ont été réalisées dans des centres de secours de Rennes et de Paris. Je suis allé sur le terrain, j'ai participé à des réunions, j'étais près des choses. J'ai aussi étudié le statut des sapeurs-pompiers volontaires dans treize départements. Cela m'a permis de généraliser ma réflexion, de découvrir des caractéristiques communes à tous les sapeurs-pompiers.
Quels résultats se dégagent de votre travail ?
J'ai essayé de montrer que le travail des sapeurs-pompiers avait une dimension spectaculaire. Ils font en sorte que cette dimension soit perceptible par le public. Pourquoi des camions rouges ? Des casques étincelants ? L'opérationnel ne justifie pas tout. L'espace public est pour eux un lieu de mise en scène. Une mise en scène qui a évolué à travers les époques. Hier, c'était à l'occasion de cérémonies protocolaires. Aujourd'hui, c'est au cours des interventions que les sapeurs-pompiers mettent en valeur leur image face au public.